Yasmina Khadra

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Yasmina Khadra

Message  jlisandro le Jeu 21 Oct - 19:08

Qu'est-ce qui nous fait choisir, dans une gamme large et variée de livres, un exemplaire particulier ? Comment peut-on expliquer ce qui arrive lorsque nos yeux sont mystérieusement attirés par un livre exceptionnel ?

Considérons le lecteur exigeant. Il examine soigneusement plusieurs éléments : couverture, quatrième de couverture, polices, papier, illustrations, textures, arômes... Il est rare qu'il se hasarde à l'inconnu. Il cherchera les auteurs incontournables, il écoutera de temps en temps les recommandations de lecteurs qui, comme lui, ont un critère incontestable. Son regard parcourt les rayons jusqu'à ce qu'il trouve le titre qui a motivé sa visite chez le libraire.

Des occasions sans égal existent où il découvre une gemme celée, réservée à celui qui saura la tirer vers soi parmi les pierres ordinaires. Une énergie qui échappe à son intelligence s'opère : l'attention de notre lecteur est captivée par un envoûtement secret. Sa main s'écarte de Balzac, Rimbaud et Tournier ; il les met de côté pour une prochaine fois. C'est le moment idéal pour s'absorber dans la littérature maghrébine. Yasmina Khadra est son choix définitif ; Les hirondelles de Kaboul, le texte indiqué. Fier de sa découverte, notre lecteur veut accorder un jour à la lecture. Peu de temps est nécessaire pour qu'il constate combien ce livre est fascinant : la richesse du langage, l'efficacité des images (qu'il trouve souvent troublantes), le foisonnement des métaphores qui s'entrefilent concises et vivantes. Soudain, le doute l'assaille : est-ce du français qu'il lit ? Si oui, comment a-t-il gagné une telle exubérance et une telle virtuosité lyriques, cette musicalité hors du commun ? Cet auteur est, sans l'ombre d'un doute, un artiste prodigieux.

L'auteur

Né en 1955 à Kenadsa, Algérie, d'un père infirmier et d'une mère nomade et conteuse, Yasmina Khadra a reçu 17 ans de formation militaire, puis consacré 36 ans à la carrière des armes, avant de se vouer entièrement à la littérature. Cependant, cette vocation d'écrivain le hantait depuis l'enfance.

Contrairement à ce que son nom fait penser, Yasmina Khadra n'est pas une femme. Ce qui est encore plus étonnant : depuis la parution de sa première œuvre en français, 17 ans sont passés avant qu'il ne lève le masque. La révélation de son identité réelle s'est donnée en deux moments et coïncident avec la publication de deux ouvrages : L'Écrivain et L'imposture des mots. Dans L'Écrivain, il évoque ses souvenirs d'enfance et parle de sa résolution de devenir écrivain.

Yasmina Khadra s'appelle de son vrai nom Mohamed Moulessehoul. Naturellement, la divulgation de sa véritable identité -qui a lieu en 2001- a provoqué une grande polémique autant en France qu'en Algérie. Ses premiers romans et nouvelles en langue française avaient été acclamées, suscitant un grand enthousiasme : enfin une femme algérienne prenait part dans la vie de sa nation ; d'ailleurs, c'était la première fois qu'une algérienne écrivait en français.

Les réactions

Le plus grand nombre était non seulement scandalisé, mais déçu : l'histoire de cette femme qui portait une lueur d'espoir au sein d'une Algérie déchirée était finalement illusoire. En outre, on ne pouvait pas accepter que l'auteur qui avait fasciné le public soit un guerrier, un militaire de l'armée algérienne.

Avec le temps, Khadra a révélé les raisons pour lesquelles il a pris ce pseudonyme : l'amour et le respect qu'il voue à sa femme, à qui il a donné son nom, et qui lui offre en retour ses deux prénoms. Par ailleurs, le pseudonyme lui avait permis d'entrer en clandestinité et de « couper court à une sorte d'autocensure qui caractérisait ses premiers textes, écrits en arabe » ; il représente paradoxalement la rupture avec sa carrière militaire (encore qu'il ne méprise pas l'homme d'armes qu'il fut). Enfin, par l'intermédiaire du nom de son épouse, il obtient la consécration de la courageuse femme algérienne, qui garde et nourrit l'espoir dans un pays gouverné par le désarroi.

Les hirondelles de Kaboul

Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que ses tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore... (Quatrième de couverture).
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